Construire Maison 28

 

Construction : c'est déjà demain

 

La tendance est bel et bien installée : nous voici dans l'ère de l'éco-construction ! Synonyme de basse consommation, de rendement énergétique et de matériau écologique, l'habitat version 2010 est une mine de nouvelles idées. L'époque est au défi.

 

C'est un engouement « durable » : la maison de demain sera écologique ou ne sera pas. De plus en plus souvent en bois, elle est appréciée pour ses qualités esthétique et thermique, sa souplesse architecturale et sa rapidité de construction. Légère au niveau de la structure, elle est néanmoins solide et c'est une construction saine qui répond parfaitement aux critères fixés par le Grenelle de l'Environnement. Généralement plus chère lors de la construction, le surcoût engendré est compensé par la suite, grâce aux économies d'énergie réalisées. Aussi ses équipements sont les panneaux solaires, l'éolien, la chaudière à bois... et surtout une bonne conception qui passe par une isolation parfaite et une étanchéité irréprochable.

 

Les variantes

La maison en bois est chère, mais il existe des solutions qui permettent de faire baisser le prix. Celle qui tend à se répandre est la maison préfabriquée bois. Si auparavant, préfabriqué était synonyme de mauvaise qualité, les matériaux utilisés aujourd'hui sont parfaitement fiables. Conçus à partir d'un plan de maison numérisé en 3D, les modules extraits de cette numérisation sont ensuite fabriqués en usine et montés directement sur place. Il est donc possible de prendre le relais une fois toutes les parties livrées, et de continuer son projet de maison en auto-construction. Plus long, mais assurément moins cher.

 

Les originales

L'air du temps est à la récup', et l'on voit fleurir quantité de projets qui peuvent sembler complètement fous au premier abord. Qui aurait cru qu'un jour, il serait tendance d'habiter dans un container de fret ? Et pourtant... après avoir été un habitat de secours pour les étudiants, notamment à Amsterdam, le container devient branché ! Avec plusieurs modules de 20m², il est possible de réaliser une maison de plain-pied ou à étages, en les assemblant selon le bon désir du propriétaire. Après une bonne fixation et une bonne isolation, la découpe pour l'ajout de fenêtres, voire la couverture de la tôle à l'extérieur pour effacer l'aspect industriel, la maison-container est prête à servir. Avec un prix autour de 1500 € le module, le projet s'avère financièrement intéressant. Pour les plus fous, il y a aussi la yourte, la micro-maison de vacances, la construction en sacs de sable ou en palettes de bois…

 

Trouver le bon terrain

 

Faire construire fait partie des grandes décisions qui jalonnent une vie. Et le premier choix, celui qui conditionnera le reste, est celui du terrain. À proximité d'une ville ou en pleine campagne, il conditionnera le quotidien à venir. À ne pas prendre à la légère !

 

Le projet de départ est toujours idéalisé : le type de construction, l'emplacement, l'environnement direct... Mais à moins d'avoir un budget extensible, rares sont les achats qui réunissent toutes les exigences initiales. La première initiative est donc de lister les caractéristiques les plus importantes et, à l'inverse, celles qui peuvent être revues pour s'adapter aux terrains existants.

 

Respectez vos envies

Fragile équilibre que celui de trouver le bon terrain sans dénaturer son projet d'origine. Perdre espoir et se résoudre à opter pour un site qui correspond moyennement à ses attentes est risqué : ce terrain conditionne les futures années de vie du foyer. Parmi les éléments primordiaux à étudier, il y a le temps de transport, la proximité des établissements scolaires, des commerces et du lieu de travail. Parfois, un budget trop serré peut conduire à choisir un endroit plus reculé. Pourtant, des études montrent qu'en moins de 10 ans, un foyer paye en frais de déplacement la différence entre le prix du terrain acheté et un terrain plus cher mais plus proche de l'agglomération.

 

Lotissement ou terrain libre ?

En optant pour le lotissement, les questions de viabilité sont réglées, et la construction est simplifiée puisque le promoteur en est le garant. Cependant, il faut toujours penser à demander le cahier des charges qui liste les types de constructions autorisées ou interdites. La règle du jeu en société est également à prendre en compte : la proximité des voisins n'est pas négligeable. C'est le prix de la facilité, versus le prix de la liberté si l'on opte pour un terrain libre, où les démarches sont plus lourdes.

Outre l'aspect viabilisation, une étude de l'environnement est indispensable. Quels sont les antécédents du lieu ? Quelle est la nature du sol ? De l'argile, qui demande un type de construction plus onéreux pour éviter les fissures ? Du granit, qui empêchera de construire un sous-sol ? Y a-t-il un marais aux alentours (regarder le nom des rues peut être un indicateur, comme « Chemin des sources » par exemple) ? Demander le plan local d'urbanisme permet aussi d'éviter les mauvaises surprises, en sachant à l'avance quels projets sont prévus dans le quartier. Et pour réfléchir au type de maison à implanter sur le terrain, le certificat d'urbanisme détaille les constructions autorisées par la commune. Et alors, le projet peut démarrer...

   

Permis de construire : les étapes

 

Depuis octobre 2007, les formalités du permis de construire ont été simplifiées, mais les pièces à fournir restent nombreuses. Petit tour d'horizon de la procédure à suivre.

 

Toute construction ou presque doit faire l'objet d'un permis de construire. Immeuble ou maison, tous les types de logements sont concernés. L'absence de fondations ne dispense pas de permis, tout comme les petites constructions du type cabanon dans le jardin, quand leur surface dépasse les 20 m². Seuls quelques travaux en sont exemptés : la construction de murs, de poteaux et de piscines dans certaines circonstances (si elles font moins de 100 m² et sont hors d'un lotissement). Dans tous les cas, il est préférable de s'assurer des formalités à suivre auprès de la mairie.

 

Procédure et délais

Le dossier à fournir comprend, d'une part, un formulaire administratif, une copie du cadastre, un plan de masse et le plan des façades. D'autre part, un dossier « paysager » qui inclut une photo du terrain, une coupe, un dessin et une notice destinés à décrire l'impact visuel de la construction. L'intervention d'un architecte dans le dossier n'est obligatoire que si la surface nette est supérieure à 170 m².

La demande est à déposer auprès de la mairie. Suite au dépôt, la commune délivre un récépissé comportant des indications données à titre provisoire (elles peuvent être modifiées pendant un mois). Ce récépissé mentionne la date à laquelle l'absence de réponse de l'administration entraîne l'acceptation tacite de la demande. En moyenne, il faut compter deux mois de délai d'instruction pour une maison. Pendant cette durée, la demande de permis est affichée en mairie.

 

Après l'obtention

La validation du permis est signalée sur les panneaux d'affichage de la mairie. Le constructeur doit également l'afficher sur le lieu du chantier, de façon à ce que le panneau soit visible depuis la voie publique. Dès que le permis est affiché sur le chantier, les voisins ou un tiers ont deux mois pour contester la décision. De son côté, la mairie dispose encore de deux mois après la délivrance pour se rétracter si elle s'aperçoit d'une erreur.

Ce permis est valable durant deux ans. Si, dans cet intervalle, les travaux n'ont pas commencé, il faut reformuler sa demande. Si les travaux sont interrompus durant un an au moins après l'écoulement des deux années, le permis est également annulé. Il est toutefois possible de demander une prolongation, sous réserve de déposer sa demande plus de deux mois avant l'expiration du délai initial.

 

Réception des travaux : soyez préparés

 

C'est l'ultime étape avant de prendre possession des lieux. La réception des travaux demande une grande minutie le jour de l'inspection, pour éviter d'avoir à gérer soi-même des malfaçons passées inaperçues.

 

Voici venu l'aboutissement d'un projet souvent très long : la remise des clés est au bout de ce rendez-vous. Aussi vaut-il mieux qu'il se déroule dans les meilleures conditions, d'autant plus qu'à la signature du procès verbal de réception, les garanties décennale ou biennale démarrent. Pour faciliter cette ultime étape, un suivi régulier de l'avancement du chantier permettra de faire rectifier d'éventuelles malfaçons pendant la construction. Malgré cela, si l'on sait à l'avance que l'on va émettre des réserves, il est conseillé de faire appel à un expert en bâtiment ou à un architecte qui saura déceler les problèmes le jour de la réception des travaux.

 

Pour ne rien oublier le jour J, mieux vaut préparer une check-list et se munir d'un mètre, d'un niveau à bulle, d'un miroir pour observer les zones cachées, d'une ampoule et d'une douille sur laquelle sont branchés deux fils dénudés à leur extrémité pour tester les prises. Les dimensions, la nature des matériaux et le type des appareillages doivent être vérifiés.

Si tout semble correct, le propriétaire déclare « approuver totalement les travaux » dans le PV signé par les deux parties (mandataire et constructeur). Le solde de 5 % restant à payer au prestataire sera reversé huit jours plus tard, après l'écoulement du délai légal permettant de signaler des défauts repérés après-coup.

 

Refuser les malfaçons

Lorsque des malfaçons sont constatées, le PV mentionne les réserves émises par le mandataire. Un délai de réparation fixé avec le professionnel doit également y paraître. C'est à la fin de ce délai que les 5 % restant à verser seront remis, après la levée de réserves, c'est-à-dire une nouvelle inspection. Pour que cette étape se déroule bien, il faut veiller à être le plus précis possible dans la description des défauts.

Si les malfaçons sont trop nombreuses, il est possible de reporter la réception et de fixer un nouveau délai avec le professionnel. S'il refuse, il n'y a pas d'autre solution que de s'adresser au tribunal de grande instance pour demander l'achèvement des travaux sous astreinte, avec des pénalités par jour de retard. Mais encore une fois, un bon suivi du chantier évite bien souvent d'avoir à traiter de nombreux problèmes lors de la réception des travaux.